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Fiche pratique
le ministère de la culture
Politique culturelle nationale et territoriale
Selon le décret relatif à ses attributions, le ministère a pour principale mission de « rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France ».
À ce titre, le ministère de la Culture conduit la politique de sauvegarde, de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel dans toutes ses composantes et encourage la création des œuvres de l’art et de l’esprit. Il définit, coordonne et évalue la politique du Gouvernement relative aux arts du spectacle vivant, aux arts plastiques et à l’architecture.
En 2024, le budget du ministère de la Culture s'établit à 4,6 milliards d'euros. A celui-ci s'ajoute le montant des dépenses à caractère culturel des autres ministères estimé à 5,3 milliards d’euros, dont 60 % (3,2 milliards d’euros) pour le ministère de l’Éducation nationale.
Quelques éléments historiques
Le ministère chargé de la Culture a été créé en 1959 avec, à sa tête, l’écrivain André Malraux.
La nomination, en 1966, de Marcel Landowski au poste de responsable du Service de la musique de ce ministère – qui deviendra une direction à part entière en 1970 – apparaît comme le début d’une ère nouvelle pour nos institutions musicales. Chacune des décennies qui suivra se caractérise par un ou plusieurs points forts.
Le ministère en quelques dates
- 3 février 1959 : ministère des Affaires culturelles
- Janvier 1974 : ministère des Affaires Culturelles et de l’Environnement
- Juin 1974 : secrétariat d’État à la culture
- 1976 : ministère de la Culture et de l’Environnement
- 1981 : ministère de la Culture
- 1986 : ministère de la Culture et de la Communication
- 1988 : ministère de la Culture, de la Communication, des Grands travaux et du Bicentennaire
- 1991 : ministère de la Culture et de la Communication
- 1992 : ministère de l’Éducation nationale et de la Culture
- 1933 : ministère de la Culture et de la Francophonie
- 1995 : ministère de la Culture
- 1997 : ministère de la Culture et de la Communication
- 2017 : ministère de la Culture
1970-1980
Depuis sa création en 1959, le ministère chargé des Affaires culturelles est animé par une ambition politique placée sous le signe de la décentralisation.
En 1969, alors que Malraux a quitté le ministère, Marcel Landowski officialise son « plan de 10 ans pour l'organisation des structures musicales françaises » qui prévoit de doter chaque région de programme d’un conservatoire, d’un orchestre et d’un théâtre lyrique.
Deux actions phares vont lancer la restructuration de la vie musicale : la création de l’Orchestre de Paris et des orchestres régionaux, qui passent de cinq à vingt en 1970, puis la création des conservatoires nationaux de région (CNR) et des écoles nationales de musique (ENM). L’inauguration du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon en 1981 symbolise en quelque sorte cette volonté de ne pas laisser à Paris sa primauté musicale.
1980-1990
Lorsqu’il arrive à la Direction de la musique du ministère de la Culture en octobre 1981, Maurice Fleuret est aux commandes d’une institution qu’il a critiquée, parfois sans ménagement, mais forte de nombreuses certitudes et d’une riche expérience personnelle. Une expression peut suffire à résumer la perspective générale de sa politique : « l’action musicale ». Ainsi, les musiciens professionnels, les enseignants, les compositeurs, les diffuseurs sont bien au cœur du monde musical, au même titre que les musiciens amateurs, les élèves et les mélomanes, désormais également acteurs d’un fait artistique et social. Ce brassage va de pair avec l’intégration de musiques ignorées jusqu’alors au sein de l’institution : les musiques dites actuelles, mais aussi la musique ancienne et la musique électroacoustique.
Au-delà de toute caricature, la Fête de la musique incarne ces années 1980, et le 21 juin est symptomatique d’une activité musicale et sociale incontestable : la pratique amateur. Le triptyque enseignement-diffusion-création s’enrichit de cette notion de pratique musicale, à laquelle se joint également celle, plus académique, de patrimoine.
D’une manière générale, la Direction de la musique conservera en point de mire la mise en place d’un enseignement musical cohérent tant du point de vue de son organisation structurelle que pédagogique. Une première version du schéma d’orientation pédagogique des conservatoires de musique est ainsi élaborée en 1984, puis suivie d’une nouvelle édition remaniée en 1992. L’actuelle version, qui se conçoit comme définitive, a été achevée en 2007. Elle est le fruit d’une vaste concertation entre l’Inspection de la musique, les partenaires institutionnels et les enseignants.
1990-2000
Les années 1990 sont marquées par une mutation institutionnelle essentielle : la déconcentration. La mise en œuvre de l’action de l’État, jusqu’alors placée sous la seule responsabilité de l’administration centrale, se voit confiée à des services déconcentrés au sein des régions administratives. En ce qui concerne la musique, il s’agit des Drac, Directions régionales des affaires culturelles, auxquelles sont confiées les missions de gestion courante assurées jusqu’alors par la Direction de la musique et de la danse.
En 1998, la Direction de la musique et de la danse a été unifiée avec le théâtre et les spectacles, de manière à mettre en œuvre une politique d’ensemble en faveur du spectacle vivant, et à « renforcer la capacité d’impulsion et d’évaluation ».
2000-2009
La politique de décentralisation, menée au niveau national depuis les années 1980, est enfin concrétisée par la loi du 13 août 2004, dont les articles 101 et 102 précisent les responsabilités des communes, départements et régions en matière d’enseignement artistique.
La création des conservatoires à rayonnement régional (CRR), départemental (CRD) et communal (CRC), du cycle d’enseignement professionnel initial (Cepi) et du diplôme national d’orientation professionnelle (DNOP) sont des conséquences directes de cette loi. La mise en place du Cepi ne semble cependant pouvoir être menée à terme.
Au cours de cette même décennie, en 2007, a été créé un nouveau diplôme : le diplôme national supérieur professionnel de musicien (DNSPM), qui s’inscrit dans le cadre de la réforme universitaire LMD (cf. la fiche pratique consacrée aux conservatoires et pôles supérieurs de musique).
La déconcentration, les lois de décentralisation et une meilleure gestion de fonctionnement impliquaient selon les pouvoirs publics une réorganisation de l’administration centrale. Le ministère de la Culture est concerné par cette réforme qui s’effectue dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en 2007.
2010...
Au cours des années 2010 l’objectif essentiel du ministère consiste à développer l’éducation artistique et culturelle (EAC), en lien étroit avec le ministère chargé de l’Éducation. L’EAC concerne tous les domaines de la culture, aussi bien le spectacle vivant que le patrimoine ou les médias.
L’autre point fort de cette décennie est la promulgation de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP) qui renforce et pérennise le modèle culturel français.
Le ministère de la culture aujourd'hui
Le ministère de la Culture est composé d’une administration centrale et dispose de trois types d’établissements et services déconcentrés pour mener à bien son action : les DRAC (directions régionales des affaires culturelles), les établissements publics et les services à compétence nationale.
Son administration centrale est composée d’un secrétariat général, d’une délégation à la langue française et aux langues de France, et de plusieurs directions générales :
La direction générale des patrimoines et de l’architecture.
La direction générale des médias et des industries culturelles.
La direction générale de la création artistique (DGCA) qui définit, coordonne et évalue la politique de l’État relative aux arts plastiques et au spectacle vivant, en l’inscrivant dans une logique plus large d’aménagement et de développement du territoire.
La direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche (DGDCER) créée en septembre 2025, qui comprend le service des enseignements et de la recherche et le service de la démocratie culturelle et des territoires.
La direction générale de la création artistique
La Direction générale de la création artistique (DGCA) comprend :
- la délégation aux arts visuels
- la délégation à la danse
- la délégation à la musique
- la délégation au théâtre et aux arts associés
- la délégation aux politiques professionnelles et sociales des auteurs et aux politiques de l’emploi
- la sous-direction des affaires financières et générales
- l’inspection de la création artistique
Les missions des délégations couvrent, dans les domaines relevant de leurs compétences, le soutien à la création et à la diversité des esthétiques et des expressions, le suivi des organismes subventionnés et l'animation des réseaux de création, production et diffusion. Elles sont en lien avec la direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche pour la prise en compte par le secteur professionnel des priorités du ministère en matière d'éducation artistique et culturelle, aux usages numériques et à la diffusion artistique dédiée à la jeunesse. Elles contribuent à la définition et la mise en œuvre des politiques d'enseignement supérieur et de la recherche pour ce qui relève de leurs disciplines et pilotent la politique d'insertion professionnelle.
La délégation à la musique
Son champ de compétence inclut toutes les pratiques et l'ensemble des esthétiques et répertoires musicaux.
- Elle conçoit la politique de soutien à l'activité des musiciens et des professionnels de la musique et en assure sa mise en œuvre, en relation avec les services déconcentrés et les opérateurs de la musique.
- Elle conçoit et met en œuvre une politique de soutien aux compositeurs et à la création musicale, notamment par la commande, et contribue à son évaluation.
- Elle organise et suit les procédures d'aides aux musiciens, interprètes et ensembles en concertation avec l'inspection de la création artistique.
- Elle assure l'animation du groupe de travail des musiques actuelles au sein du conseil national des territoires pour la culture.
La délégation aux politiques professionnelles et sociales des auteurs et aux politiques de l'emploi
Elle coordonne les politiques ministérielles de soutien aux professions qui concourent à la création artistique.
- Pour les professions d'artistes et d'auteurs elle est chargée des questions relatives à leurs conditions d'exercice, à leur installation et à leur protection sociale. Elle coordonne la concertation avec les représentants des artistes et des auteurs pour les questions sociales et professionnelles.
- Pour les professions du spectacle vivant et enregistré, elle est chargée des questions relatives à leurs conditions d'exercice. Elle contribue à la structuration professionnelle des secteurs et participe à l'élaboration de la politique publique de l'emploi, notamment de l'assurance chômage, relatives aux artistes et aux techniciens du spectacle vivant.
La direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche
La direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche (DGDCER) a pour objectif de « renforcer la visibilité et la cohérence des enseignements et de la recherche dans l’ensemble des domaines culturels en créant une direction générale forte, explicitement chargée de cette tutelle jusque dans son intitulé » et de « réunir le portage, la responsabilité et la maîtrise du programme budgétaire portant la démocratie culturelle et la transmission, tout en simplifiant les processus de tutelle ». Elle assurera notamment « la tutelle des établissements d’enseignement supérieur de l’architecture et du paysage, des arts visuels et du design, du spectacle vivant, et de tous les autres champs de la création artistique ».
Ses missions :
- « Placer l’ensemble de la politique ministérielle en matière de territoires, de transmission ou encore d’éducation artistique et culturelle sous le signe de la démocratie culturelle ;
- Répondre aux défis de démocratisation et d’insertion professionnelle communs à l’ensemble des champs de l’enseignement supérieur de la culture ;
- Renforcer la visibilité et la cohérence des enseignements et de la recherche dans l’ensemble des domaines culturels en créant une direction générale forte, explicitement chargée de cette tutelle jusque dans son intitulé ;
- Assurer une gouvernance unifiée de l’enseignement supérieur, en lien avec les DG métiers pour les contenus pédagogiques et les relations aux professionnels des secteurs ;
- Développer une politique plus ambitieuse et mieux coordonnée en faveur de la vie étudiante et consolider les dispositifs d’accompagnement des étudiants, tant sur le plan académique que social ;
- Réunir le portage, la responsabilité et la maîtrise du programme budgétaire portant la démocratie culturelle et la transmission, tout en simplifiant les processus de tutelle. »
Le service de la démocratie culturelle et des territoires définit la politique du ministère visant à garantir la participation de tous les habitants à la vie culturelle ainsi que leur accès le plus large à l'offre et aux pratiques culturelles. La délégation aux territoires pilote les relations avec les associations nationales d'élus et de collectivités territoriales. Elle assure le suivi des politiques contractuelles menées en partenariat avec les collectivités territoriales et en coordonne la stratégie.
Le service des enseignements et de la recherche élabore, pilote et met en œuvre les stratégies ministérielles en matière d'enseignement spécialisé de la création artistique, d'enseignement supérieur, de recherche, de diffusion scientifique et de culture scientifique, technique et industrielle, en lien avec les autres directions générales concernées.
Il exerce, en lien avec le secrétariat général, les directions générales concernées, le Centre national du cinéma et les services déconcentrés, la tutelle des établissements d'enseignement supérieur de l'architecture et du paysage et de la création artistique. Il comprend trois sous-directions :
- la sous-direction des politiques transversales des enseignements, de la vie étudiante et de la recherche ;
- la sous-direction de l'enseignement supérieur et de la recherche en architecture et paysage ;
- la sous-direction des enseignements spécialisés, de l'enseignement supérieur et de la recherche de la création artistique.
Textes de référence
2025
- Arrêté du 25 août 2025 Arrêté du 25 août 2025 relatif aux missions et à l'organisation de la direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche
- Arrêté du 25 août 2025 Arrêté du 25 août 2025 relatif aux missions et à l'organisation de la direction générale de la création artistique
2020
- Décret du 31 décembre 2020 : relatif aux missions et à l'organisation de l'administration centrale du ministère de la culture et de la communication
2018
- Circulaire du 15 janvier 2018 : modalités d’application du dispositif de labellisation et au conventionnement durable dans les domaines du spectacle vivant et des arts plastiques
2017
- Décret n° 2017-1077 du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre de la culture
- Décret n° 2017-432 du 28 mars 2017 relatif aux labels et au conventionnement dans les domaines du spectacle vivant et des arts plastiques
- Circulaire du 8 mars 2017 de mise en œuvre du décret n° 2015-510 du 7 mai 2015 portant charte de la déconcentration au sein du ministère de la Culture et de la Communication
2016
- La réorganisation des directions régionales des affaires culturelles Inspection Générale des Affaires Culturelles - 2016
- Loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine
- Circulaire relative au soutien d’artistes et d’équipes artistiques dans le cadre de résidences (08 juin 2016)
- Circulaire relative aux modes d'attribution des aides déconcentrées au spectacle vivant (04 mai 2016)
- Communication sur la création et le spectacle vivant par Audrey Azoulay au Conseill des ministres du 20 avril 2016
2015
- Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe)
- Arrêté du 12 juin 2015 relatif aux missions et à l'organisation de la direction générale de la création artistique
- Décret n° 2015-641 du 8 juin 2015 relatif à l'attribution des aides déconcentrées au spectacle vivant
2014
- Décret n°2014-677 du 24 juin 2014 relatif à l'aide à l'écriture d'œuvres musicales originales
- Décret n°2014-411 du 16 avril 2014 relatif aux attributions du ministre de la Culture et de la communication [Aurélie Filippetti, ministre de Culture et de la Communication de mai 2012 à août 2014]
et avant...
- Un grand projet pour l'éducation artistique et culturelle : une priorité pour la jeunesse. Conférence de presse d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. Lundi 16 septembre 2013.
- Décret n° 59-212 du 3 février 1959 relatif aux attributions d'un ministre d'État (ministre de la Culture)
Mise à jour : août 2025
À voir aussi
Fiches pratiques

Un enjeu collectif : l'EAC
L’éducation artistique et culturelle (EAC) constitue depuis plusieurs années l’une des priorités du ministère de la Culture associé à celui de l’Éducation.
Les Drac
Depuis 1977, le ministère de la Culture est présent dans chaque région grâce aux Directions régionales des affaires culturelles (Drac )
L'État - Les soutiens au spectacle vivant
Le ministère de la Culture finance directement les opérateurs nationaux tels que l'Opéra de Paris ou la Cité de la musique - Philharmonie de Paris.
Bibliographie
Les politiques culturelles
Une sélection de ressources retraçant l’histoire des politiques culturelles en France au cours de ces 70 dernières années.
Ressources
Ministère de la Culture
- Actualités - Organisation - Aides et démarches - Documentation
- Mes démarches : un espace en ligne dédié aux démarches administratives.
- Data.culture.gouv.fr. La plate-forme de données ouvertes du ministère.
- La DGCA
Droits culturels
Observatoire de la diversité et des droits culturels : Déclaration de Fribourg et les droits culturels. Un centre d'observation, analyse et recherche sur un sujet clef des politiques culturelles.
Politiques de la culture
Carnet de recherches du Comité d'histoire du ministère de la Culture sur les politiques, les institutions et les pratiques culturelles