Le chargé de production participe à la mise en œuvre d’un projet artistique. Il est responsable de l’exploitation de la création et doit s’assurer de la rentabilité du projet. Il veille à la bonne interaction et collaboration entre les différents interlocuteurs : artistes, prestataires, fournisseurs, collectivités. Ses fonctions et compétences s’exercent dans des contextes variés : auprès des ensembles artistiques (orchestres, compagnies), des structures de création et de diffusion (festivals, salles de concerts, équipements culturels, musées, médiathèques…), et plus largement toute entreprise de création, de production et de diffusion de spectacles.
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Fiche pratique
Production - Diffusion
Administration de la musique
Les métiers de la production et de la diffusion regroupent l’ensemble des fonctions qui contribuent au suivi administratif, financier et matériel des spectacles.
Le directeur de production porte la responsabilité globale du projet, du montage administratif et financier à sa réalisation.
Le chargé de production, délégué de production ou administrateur de production porte la responsabilité du suivi administratif et budgétaire de l’opération.
Le chargé de diffusion a pour activité principale la vente des spectacles montés par un artiste, une compagnie ou une structure de production.
Transcription de la vidéo
Je m’appelle Marine Hozer, je suis déléguée de production à la Philharmonie de Paris.
Vos missions ?
La production, c’est la mise en œuvre d’un spectacle, tout le processus qui va de la conception artistique jusqu’à la représentation. Ici, à la Philharmonie de Paris, le service production fait de l’accueil de production. C’est-à-dire que le spectacle qui est représenté chez nous a déjà été pensé, monté, parfois joué. Et nous, on achète les droits de représentation de ce spectacle pour une ou plusieurs soirées.
Une journée type ?
J’ai deux journées type. La première, c’est quand il n’y a pas de concert le soir. C’est une journée de bureau sur place, ici, à la Philharmonie de Paris, où je m’occupe de la logistique des concerts à venir. Moi, je m’occupe d’une trentaine de concerts sur une saison, donc sur 10 mois. Ça consiste à la rédaction d’un contrat qui va préciser toutes les conditions dans lesquelles vont se tenir ce concert, quel artiste, quel programme, dans quel cadre technique, combien ça va coûter à la Philharmonie, etc. Il y a aussi ensuite toute la logistique d’accueil des artistes, leur hôtel, leur transport, anticiper leurs besoins, pour que le jour J, tout se passe le plus simplement possible. J’ai ensuite une deuxième journée type, quand il y a un concert le soir. On accueille les artistes, on prépare leur loge, on leur montre les lieux, on les accompagne jusqu’à la scène. Si tout se passe bien, on peut se glisser en salle et écouter une partie du concert. Ensuite, on attend que tout le monde soit parti et on rentre chez nous.
Pourquoi ce métier ?
J’ai choisi ce métier parce que j’avais le goût du spectacle vivant, tout simplement.
Votre parcours ?
Je suis titulaire d’un Bac+5 que j’ai eu à Sciences Po Paris, où j’ai suivi l’enseignement édition et spectacle vivant. J’ai fait trois ans dans l’édition. Ensuite, je suis repartie vers la production. J’ai travaillé pour un ensemble de musique baroque, des festivals de musique de chambre, un réseau de diffusion de musique et une structure de production d’opéra avant d’arriver à la Philharmonie de Paris.
Quelles compétences ?
Il y a des compétences qui s’acquièrent pendant la formation. Je pense notamment à l’engagement d’artistes étrangers, le droit d’auteur, savoir déposer un dossier de subvention, etc. Mais globalement, la majorité des compétences s’acquièrent sur le terrain, une fois qu’on est confronté aux problèmes. Il faut être également extrêmement bien organisé, être imperméable au stress, savoir gérer les priorités parce que le spectacle est vivant, donc il y a toujours des imprévus, et aussi savoir penser à plein de choses en même temps, puisque pendant la journée, on enchaîne une multitude de petites tâches très différentes les unes des autres.
Vos interlocuteurs ?
Je parle essentiellement avec des gens à l’extérieur, donc des agents d’artistes, des producteurs, des artistes eux-mêmes parfois. Bref, tous les gens qui créent le spectacle avant qu’il n’arrive à la Philharmonie. Je parle aussi beaucoup avec mes collègues en interne, donc déjà mon propre service puisqu’on travaille en équipe, mais également avec tous les services de la Philharmonie, les équipes techniques, la billetterie, les relations avec le public, le marketing, etc., vraiment avec tous les services de la Philharmonie.
Un objet ?
L’objet sans lequel je ne pourrais pas travailler, c’est mon ordinateur, puisque 90 % de mon activité se passe assise derrière un écran.
Un conseil ?
Il y a beaucoup de candidats et peu de postes. Donc, je conseillerais d’obtenir un Bac+5 au sein d’une université ou une grande école. Ces formations, elles intègrent nécessairement un stage. Au cours de ce stage, je pense qu’il est bon de pouvoir apercevoir l’ensemble des métiers de la production, de commencer à se constituer un réseau professionnel, qui sera très important par la suite, et essayer de se montrer sous son meilleur jour, donc dynamique, enthousiaste, motivé.
Le chargé de diffusion prospecte et négocie les contrats avec les programmateurs, œuvre à la promotion des spectacles, organise et assure le suivi des tournées. Il doit établir une relation de confiance avec l’artiste afin de défendre au mieux sa proposition artistique, mais aussi afin d’anticiper d’éventuelles difficultés de diffusion. Il s’immerge dans le projet afin de mieux le décrire, le défendre auprès de programmateurs et partenaires potentiels, et il peut être amené à produire des documents de communication sous forme de dossier artistique.
Bien que le montage budgétaire soit l’apanage de l’administrateur, du directeur ou du chargé de production, le chargé de diffusion est directement concerné par les questions financières : il doit savoir analyser le budget pour orienter son travail de diffusion. D’une manière générale, concilier les exigences artistiques avec les contraintes économiques et être en mesure d’évaluer un projet font partie de ses compétences et savoir-faire.
De nombreux masters universitaires en administration et gestion culturelle intègrent des savoir-faire liés à la production de spectacles, notamment les formations avec une spécialisation musique ou spectacle vivant. Comme pour tous les métiers de l’administration artistique et culturelle, la formation doit être envisagée dans le cadre d’un parcours dans lequel toutes les expériences individuelles (y compris de bénévolat) et surtout les stages pratiques jouent un rôle déterminant pour l’insertion professionnelle.
Une forte motivation, une bonne connaissance du secteur culturel et artistique ainsi qu’un excellent relationnel sont des atouts indispensables pour s’engager dans ces carrières.
Les formations universitaires
- Voir la liste des universités proposant des formations à l'administration culturelle
- Les licences administration et gestion culturelles (classement alphabétique de diplôme)
- Les masters administration et gestion culturelle (classement alphabétique de diplôme)
La production
Dans leur très grande majorité, les formations à la production se situent au niveau du master. Les modalités d’accès peuvent varier d’un établissement à l’autre, avec des parcours classiques en 2 ans ou concentrés sur une année en M2. Les études initiales peuvent relever des sciences humaines (arts et lettres, musicologie), mais aussi des sciences de gestion et du management.
Les autres formations
Il existe de très nombreuses formations professionnelles pour les secteurs de la production et de l’administration culturelle en général. Elles complètent et actualisent les formations initiales. Avec des durées variables, de quelques jours à plusieurs mois, elles s’adressent aux professionnels en activité comme aux personnes en reconversion ou en évolution professionnelle.
Voir la liste des formations professionnelles à la production de spectacle
Mise à jour : janvier 2023
À voir aussi
Rencontres - vie professionnelle
Chargé de diffusion
Aussi appelé booker ou tourneur dans le secteur des musiques actuelles et du jazz, il a pour activité principale la cession ou la commercialistaion des spectacles montés par un artiste, une compagnie ou une structure de production.
Vidéos métiers - Diffusion
Retrouver les rencontres filmées à la Médiathèque de la Cité de la musique.
Fiches pratiques
Communication
La communication constitue l’une des fonctions essentielles au sein d’un lieu de spectacle ou dans un ensemble constitué. Des formations spécifiques ont été recensées par nos soins.
Administration
L’administrateur est l’un des maillons essentiels de la mise en œuvre d’un spectacle. Les formations sont d’ailleurs parfois similaires à celles de la production.
Référentiels métiers
Documents réalisés par la Commission paritaire nationale emploi formation spectacle vivant (CPNEF-SV).